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Bulletin spécial

PRIX ANDRÉ BESSON


ÉDITO Vous avez dit « plan Vigipirate » ?  Moi pas comprendre… Nous sommes à Chaussin, bourg jurassien sympathique, accueillant et tranquille. Et pourtant ! Tout a commencé par la livraison du buffet… Pas de véhicule dans l’enceinte entourée de barrières après seize heures ! m’annonce un vigile sur un ton péremptoire… Remettre le prix André Besson à l’extérieur ! Après l’inauguration de la plaque commémorative à son effigie ? Vous n’y pensez pas ! Vous avez compté le nombre de participants à votre manifestation ? Plus de cent cinquante, sans les femmes, les enfants et les filous alléchés par la qualité du lunch réalisé de main de maitre par un traiteur renommé, la maison Ramel… Sécurité avant tout, ils ont dit ! Nous avons donc remis le premier prix André Besson en toute sécurité, dans le hall de la médiathèque qui porte son nom.

Dans le hall… Oui ! Mais aussi dans les escaliers, sur les paliers de l’entrée, à l’extérieur devant la porte, mais il devait s’agir des adeptes du fameux Monsieur Nicotin qui contribuaient d’une manière nocive à remplir les caisses dépeuplées de notre ministère des finances… Et dans la salle réservée aux agapes où quelques futés s’étaient déjà installés. Que du beau monde pour rendre hommage à celui que je considère comme un des grands écrivains de notre génération. Généraux, députés, sénateur, maires, sous-préfet, représentants de corps, de clubs ou d’associations constitués… représentants de « politiques » qui pour cause « d’activité intense » n’avaient pu se libérer, écrivains… et un raton laveur (pour les initiés). Pas d’ecclésiastique, j’ai dû faire une omission… dont m’absoudra notre brave père Gilles qui ne conduit plus son saint véhicule le soir. Dommage, on fera mieux la prochaine fois, en 2018, laissons la place à l’élection présidentielle de 2017, soyons de bons citoyens, ne lui portons pas ombrage.

C’est la charmante Lola, vous connaissez ? Laurence… La Madeleine !... (On a du mal à s’y retrouver), la célèbre Madeleine Proust, agricultrice chère au cœur des francs-comtois, qui découvrit « avec surprise » qu’elle était la lauréate de ce premier prix André Besson. Une distinction que nous souhaitons voir évoluer dans le bon sens, et qui sait ? Ne soyons pas modestes, égaler voire dépasser le prestigieux prix Louis Pergaud.

Le combat fut rude, la marge serrée, quatre ouvrages se détachaient, quatre au coude-à-coude : la charmante et jolie inconnue Karine, notre célèbre Lola du Haut-Doubs, Guy-Louis le grand et Roger le chevelu. D’une courte tête… Mais non ! ...d’un cheveu rouge, c’est madame Sémonin qui mit les concurrents d’accord. Classée première par notre parrain, son mérite et son talent l’emportèrent d’un filament coloré, devant Roger, puis Guy-Louis et Karine. À elle le trophée, le chèque, le diplôme et les manchettes rouges, aux autres les médailles, à nous les discours.

Merci à la communauté de communes pour sa participation, et à ses bénévoles dévoués qui assurèrent durant la soirée un service parfait ! Merci à ceux qui firent le déplacement pour honorer de leur présence cette manifestation ! Merci à tous ceux qui contribuèrent, par leurs activités, à la réussite de ce premier prix qui fut une réussite ! Merci à tous les participants, et à bientôt, en 2018, pour la seconde édition de ce concours prestigieux ! Vous pouvez à partir du mois de novembre 2016 nous faire parvenir quatre exemplaires d’un ouvrage récent. Vous avez tous votre chance.


                                                                                                                                Claude Gillot


À Chaussin

Le 23 septembre 2016 en cette fin d’après-midi, le soleil illumine la médiathèque du village de Chaussin. Plus de 150 personnes ont répondu à l’invitation de l’ACAI et de la Communauté de Communes de la Plaine Jurassienne. Composés des habitants des environs, des adhérents de l’ACAI et des membres de la médiathèque, les amoureux de la lecture viennent assister à la première remise du prix André Besson. Claude Gillot (co-président de l’ACAI) accueille les visiteurs puis tous se retrouvent devant la médiathèque où André Besson retire le drap accroché à la façade de l’établissement et ainsi, dévoile une signalétique originale : monumentale plaque avec son patronyme et son effigie.

                                    


De retour à l’étage de la médiathèque, Claude Gillot rappelle les valeurs de l’ACAI puis donne la parole à André Besson qui nous raconte ses débuts d’écrivain, son amour de la littérature et ses souvenirs de franche camaraderie avec certains collègues. Il nous rappelle son attachement aux auteurs autoédités, sa place de parrain de l’ACAI et la création du prix qui porte son nom.

Claude Gillot dévoile le déroulement des lectures et des sélections faites par les bibliothèques, les grands lecteurs et enfin par André Besson. Le responsable de l’ACAI énumère les quatre nominés et le titre de leur ouvrage en compétition. André Besson annonce l’identité de la lauréate : Lola Sémonin pour son roman « La Madeleine Proust, une vie : Quand j’étais p’tite ». Tout en lui rappelant qu’il a privilégié l’authenticité, André Besson remet à Lola Sémonin un trophée, un diplôme et un chèque.

Lola Sémonin remercient les lecteurs et les organisateurs de ce prix. Elle conte, à un public attentif, son parcours familial, professionnel et artistique. Sa longue intervention est suivie par les discours des officiels et des personnalités politiques.

Pour conclure cette manifestation dans la convivialité, tous se retrouvent et discutent autour d’un buffet.


                                                                                    Dominique Mausservey



Allocution de Claude Gillot


Bonjour Mesdames, Messieurs.

Le prix André Besson a été créé par l’Association Comtoise d’Auteurs, Indépendante. Pourquoi indépendante ? Parce que nous ne bénéficions d’aucune subvention, sauf un don du Crédit Mutuel pour l’attribution de nos prix, et surtout depuis le départ, de l’aide accordée par la municipalité de Dannemarie sur Crête et les caves de Saint Hilaire lors de notre salon annuel « Le Verre et la Prose ». L’association, fut créée par trois auteurs.


En 2008, nous étions donc 3, en 2010 elle passa sous la loi de 1901 avec plus de trente adhérents. Nous en comptons actuellement, fin aout 2016, 128 dont 86 actifs. Nous apportons à nos auteurs présence, renseignements, assistance, site internet, liaison, informations, salons littéraires et création de prix. Prix de l’ACAI remis lors des « Talents et Saveurs comtoises » à Micropolis Besançon.

Prix des jeunes plumes, destiné aux enfants des écoles, médiathèques ou même candidats indépendants, de moins de quinze ans, remis lors de notre manifestation de Dannemarie sur Crête, pour en arriver à ce prix prestigieux, transparent, honnête, valorisant, pareil à l’homme qui porte son nom… Le prix André Besson.

André, lorsque je lui ai proposé d’être le parrain de notre collectif, fut séduit immédiatement. Il a toujours aimé les auteurs néophytes, convaincu à juste titre que de futurs grands écrivains se dissimulaient parmi eux. Sa seule question « Claude, qu’aurais-je à faire ? » « Mais rien André, lui ai-je répondu, ta notoriété nous suffit… » « Rien ? Alors dans ces conditions c’est d’accord ! »


            Car André c’est un monument, un monstre de talent, de travail, de réussite, de succès mais aussi de simplicité, d’humour et de gentillesse. Un édifice de cent vingt-huit ouvrages, dont certains donnèrent naissance à des films, des conférences toujours très prisées, une montagne de récompenses, de décorations, de prix prestigieux dont sa modestie lui interdit de faire étalage. Citons quand même le dernier en date, couronnant l’ouvrage auquel il a consacré deux ans et demi d’écriture :  « Louis Pasteur, un aventurier de la science » Élu meilleur livre de l’année par l’association des abonnés des bibliothèques tournantes Orange qui regroupe des dizaines de milliers de lecteurs en France mais également à travers le monde entier.

Avec la note incroyable de 17,14 sur 20. Nous avons donc créé ce prix à son image, et nous avons choisi la médiathèque qui porte son nom, dans ce charmant bourg de Chaussin qui le vit démarrer dans l’existence.  Je dois remercier la communauté de communes pour son assistance, son aide, en la personne de monsieur Patrick Petitjean et son équipe, remerciements qui vont également aux sélectionneurs des médiathèques, bibliothèques, comités de lectures et aux grands lecteurs dont quelques-uns, Geneviève, Serge, sont présents aujourd’hui pour rendre hommage au lauréat de ce concours prestigieux. Et également aux personnes, des adhérentes, adhérents qui se sont impliqués durant de longs mois pour réaliser ce projet. Je vous remercie, vous qui êtes venus, quelquefois de très loin, pour participer à cette cérémonie. Je ne peux hélas citer tous les officiels, d’autres orateurs attendent pour adresser leurs félicitations à André et à la lauréate ou au lauréat de ce concours.

Voici donc les noms des finalistes. Deux femmes et deux hommes, nous ne l’avons pas fait exprès : Karin Pierre-Ryembault avec « Egarement » - Lola Sémonin avec « La Madeleine Proust : Quand j’étais p’tite » - Guy louis Anguenot avec « Le commis des grandes terres » et Roger Faindt avec « Bleuvent ».Les scores sont très serrés… Que le meilleur gagne !


                                                                                                                   Claude Gillot



Interview de LOLA SÉMONIN


Bravo Lola pour votre prix mais qui doit-on féliciter : Lola ou la Madeleine ?

Moi-même, Lola. Cette reconnaissance est celle de mon travail d’écriture. Depuis toute petite je voulais devenir comédienne, la littérature m’a prise un peu plus tard. J’ai le virus et je désire continuer dans cette voie. Je dois remercier les paysans du Haut-Doubs que j’ai rencontré quand j’étais institutrice. C’étaient de grands conteurs. Ils entraient dans ma classe avec leur accent des montagnes et leur authenticité. Grâce à eux, j’ai connu toutes les expressions de Franche-Comté.

Vous attendiez-vous à recevoir ce prix ?

On ne s’attend jamais à recevoir un prix, si on est nominé, on espère toujours. J’ai été nommée trois fois aux Molière et je n’ai jamais rien eu : c’est le lot des artistes. Ce prix qui m’est remis par André Besson est très important pour moi car il m’encourage à écrire encore. C’est comme si j’étais sa filleule, André c’est mon parrain de lettres. J’avais déjà eu le prix Louis Pergaud mais je suis heureuse et fière d’être la lauréate de ce premier prix décerné par l’ACAI, remis par un auteur que j’apprécie beaucoup pour son talent et sa gentillesse, ici au sein de la médiathèque de Chaussin qui porte son nom. Un immense merci à l’Association Comtoise d’Auteurs, Indépendante, présidée par Claude Gillot, qui a créé ce prix.


De quelle manière profiterez-vous de cette distinction ?

« Oh, un chèque ! Ça, ça aide tous les jours… » Un prix apporte toujours son lot de médias. Le livre primé est distingué par un bandeau rouge et on en parle. Ça aide dans les books et puis ça fait chaud au cœur…

Privilégiez-vous les spectacles ou l’écriture ?

Je crois qu’aujourd’hui, les deux vont de paire mais plus tard, je pense me retirer dans mon Haut-Doubs et passer mes jours à écrire. Et j’en ai à raconter… Lors de la remise du prix, j’ai confié à notre parrain de cœur : « André, j’espère vivre encore longtemps pour avoir une carrière comme la tienne. Un jour sans écrire c’est un jour perdu.

Il n’y a pas de mal que bien n’en vienne... »


                                                            Interview réalisée par Hubert Mougel



Conversation avec ANDRÉ BESSON


Fort de mon projet d’interview, que j’envisage de mener auprès de monsieur André Besson, je pars à sa rencontre. Notre parrain, humble et sincère, lit mes questions et me prend de cours par ces propos : 


« J’ai été surpris lorsque Claude Gillot, président de l’ACAI, m’a contacté pour savoir si je serais d’accord de donner mon nom à un prix littéraire que l’association décernerait tous les deux ans. J’ai accepté, avec cependant une certaine crainte concernant le travail que la lecture des ouvrages en compétition (plusieurs dizaines) représenterait pour moi. Claude m’a rassuré en me disant qu’un jury compétent avait été composé. Il désignerait trois livres parmi ceux qui concourraient. Entre lesquels j’aurais à choisir le ou la lauréate. En fait, ce sont quatre romans qui furent cette année 2016 soumis à mon appréciation : deux écrits par des dames, deux par des messieurs. Je les ai lus avec beaucoup d’attention en annotant, au crayon, leurs marges de mes réflexions. Je n’ai pas tardé à me heurter à ce dilemme : À des degrés divers, ces quatre livres méritaient tous le prix ! Comment, dans ces conditions, désigner le meilleur ?

C’est alors que m’est revenu en mémoire un mot cher à Marcel Pagnol : Authenticité ! J’ai connu l’auteur de « La Gloire de mon père » à la fin des années soixante. Parce qu’il avait été critiqué, méprisé pour ses « Pagnoleries aubagnaises », qualifié d’« auteur pour dictées de CM2 » par la coterie malveillante des gens sans talent qui régissent la culture française depuis Saint-Germain des Prés. Il s’était rapproché des écrivains régionalistes. Avec le Cévenol Jean-Pierre Chabrol, Pierre-Jakez Hélias le Breton, Henri Vincenot le Bourguignon, j’ai fait partie du petit groupe d’auteurs provinciaux dont il appréciait les écrits et la fréquentation. Parlant des germanopratins il disait : "Ces gens-là sont des eunuques dont la plupart des œuvres vont directement au pilon parce qu’elles sont ineptes et ne se vendent pas. Ce sont pourtant eux qui font la pluie et le beau temps en matière culturelle. Ils influencent les ministères, les médias. Ils jalousent les auteurs populaires, n’admettent pas qu’il puisse exister en dehors de Paris, une culture capable de franchir les frontières et d’accéder à l’universalité."

Voilà pourquoi j’ai choisi celle dont le talent a transcendé les tabous qui briment les créateurs régionaux. Depuis 1982, contre vents et marées, Lola Sémonin a fait vivre sur scène un personnage issu de notre terroir franc-comtois : « La Madeleine Proust » !

Cela sans bénéficier des crédits d’une administration dont la vocation devrait être de promouvoir la création dans nos provinces, mais en fait n’a d’autres soucis que de répercuter les ordres venant de son ministère. Par son seul talent, Lola a franchi les limites du ghetto dans lequel sont confinés tant et tant d’artistes, d’écrivains des régions. Elle a conquis Paris, de nombreuses capitales étrangères avec un personnage haut en couleurs auquel elle a inventé un passé dans une trilogie romanesque dont le premier tome « Quand j’étais p’tite », criant de vérité, est un hymne à notre parler et à la beauté de nos rudes paysages franc-comtois. J’espère que ce prix sera un exemple pour les auteurs de tous âges qui tentent de se faire connaître. Le parcours de Lola Sémonin est la preuve qu’en partant de province, sans bénéficier d’appuis officiels, il est possible d’accéder à une renommée nationale et internationale. »


                                                Propos recueillis par Dominique Mausservey


  

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